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Bienfaits du chemin de la croix

Curicifixion de Jouques

Origine du chemin de la croix

Selon une vénérable tradition l'origine du chemin de croix remonterait à la sainte Vierge elle-même.

Lorsque la sainte Vierge était à Jérusalem, elle avait soin de visiter chaque jour, les Très saints Lieux de Jérusalem et des environs. De grand matin, après avoir reçu la sainte communion des mains de saint Jean, sur le mont Sion, elle sortait avec ces suivantes, et entrait dans cette grande chambre, qui avait été préparée pour la dernière Cène. Elle y méditait sur l'immense bienfait, le sacrement de l'amour. De là elle se rendait à la maison d'Anne, à la salle de Caïphe et suivait la via Crucis jusqu'au sommet du Calvaire, puis allait au tombeau contempler la résurrection.

Selon cette même tradition, les apôtres aimaient, eux aussi, à visiter fréquemment la Voie douloureuse, et à leur exemple, les fidèles de Jérusalem et de la Palestine prirent l'habitude d'aller fréquemment y méditer sur le prix de notre Rédemption.

Telle serait l'origine du chemin de la croix.

Sainte Face de Véronique

Le chemin de la croix en Europe

Après les persécutions en 313, les Saints Lieux, que les chrétiens n'avaient jamais perdus de vue, attirèrent alors immédiatement l'attention de l'empereur converti. La religion prit un nouvel essor, et les chrétiens affluèrent plus que jamais, à Jérusalem, pour parcourir la Voie douloureuse.

Les Croisades accrurent encore la dévotion aux Lieux Saints. Dans chaque croisade il y avait, en plus des soldats croisés, des centaines et des milliers de pèlerins qui voulaient visiter les lieux consacrés par les souffrances du Rédempteur.

Mais, vu la difficulté des communications, les fatigues et les dangers du voyage, il était difficile à ceux qui étaient allés en Palestine d'y retourner une seconde fois. De là vint dès l'origine à plusieurs la pensée de reproduire chez eux, de quelque façon, si imparfaite fût-elle, les sites vénérés, et les monuments qu'ils étaient allés visiter.

Jusque vers les XIIIe et XIVe siècles, le chemin de croix ne se fit guère en dehors de Jérusalem ; les reproductions et représentations des stations de la Cité Sainte furent relativement rares. Mais, à partir du XVe s. elles se multiplièrent.

Portement de Croix

Développement du chemin de la croix

Les religieux franciscains, qui depuis 1342, étaient préposés à la garde des Lieux Saints, et qui, seuls ou avec les pieux pèlerins, parcouraient régulièrement le chemin du Calvaire, introduisirent dans leurs couvents d'Europ, l'habitude des représentations ou stations de la Voie douloureuse.

Ils eurent de nombreux imitateurs, d'autres religieux, des prêtres séculiers et même des particuliers. La dévotion au chemin de la croix se répandit ainsi peu à peu, d'autant plus facilement que les Papes accordèrent à tous ceux qui faisaient ce pieux exercice les mêmes indulgences qu'à ceux qui visitaient réellement les saltations de la Voie sacrée à Jérusalem.

Le zèle extraordinaire que mit saint Léonard de Port-Maurice, au XVIIIe siècle, à répandre cette dévotion en fit une dévotion universelle et populaire ; et maintenant il n'est pas une paroisse, pas une maison religieuse, pas un oratoire qui ne possède son chemin de croix.

Forme du chemin de la croix

Le chemin de croix se compose essentiellement de croix de bois, placées à une certaine distance les unes des autres. Leur nombre a varié, mais il est actuellement fixé à 14 stations. Il est d'usage d'unir à ces croix des tableaux ou des sculptures, représentant les scènes de la Passion, depuis la condamnation de Jésus à mort, jusqu'à son ensevelissement dans le  tombeau.

Quant à l'exercice du chemin de la croix, il consiste à se rendre d'une station à l'autre, et à méditer, pendant quelques instants au moins devant chacune, sur la Passion du Sauveur. A ce pieux exercice est concédée une indulgence plénière aux conditions habituelles.

Christ mort sur la croix

Bienfaits spirituels du chemin de croix

Par rapport au Christ lui-même

Le chemin de croix est une occasion pour nous de compatir aux souffrances de notre Sauveur. N'est-ce pas justice ? N'est-ce pas nos péchés qui ont crucifié le Christ ?

Si nous accompagnons en esprit notre Maître souffrant sur la route du Calvaire, il ne pourra plus alors dire comme autrefois : "j'ai jeté les yeux de tous côtés, pas un ami pour m'aider." Cette compassion que nous lui témoignons aujourd'hui, était bien présente devant les yeux de Jésus lorsqu'il était sur la voie douloureuse il y a 2000 ans environ.

Ainsi par notre compassion, nous le consolerons, avec sainte Véronique, en essuyant pieusement sur son visage les blasphèmes que l'incrédulité lui crache à la face. Nous le consolerons, avec les filles de Jérusalem, en gémissant sur la froideur de tant d'indifférents. Nous le consolerons surtout avec Marie, sa Mère, en la voyant à côté de nous, nous accompagnant de station en station.

Cette compassion envers Jésus souffrant sera l'occasion de progresser dans l'amour de Dieu : le Christ n'est-il pas allé au calvaire par amour pour son Père, par amour de nos âmes et de la mienne personnellement ?

Par rapport à nous-mêmes

La pratique du chemin de croix apporte à l'âme des lumières et des forces que souvent nous chercherions en vain ailleurs. Combien de fidèles chrétiens, en faisant le chemin de la croix, ont compris, comme ils ne l'avaient jamais compris jusque-là, la nécessité de réformer leur vie, d'être plus généreux, et se sont relevés avec un coeur tout nouveau.

Un chemin de croix bien fait est d'une grande efficacité pour exciter au regret de ses fautes, et pour s'encourager dans les difficultés du devoir.

En parcourant les différentes stations, nous pouvons faire ces réflexions très salutaires : c'est pour moi, que mon Dieu est injustement condamné à mort, qu'il monte, courbé en deux, chargé de ce bois pesant, qu'il tombe accablé sous l'horrible fardeau, qu'il est attaché au gibet de douleur et d'infamie. Ce cadavre, que je vois étendu sur les genoux de Marie, c'est pour moi, qu'il a reçu toutes ses plaies. Et je ne regretterais pas mes péchés, qui sont la cause de tant de douleurs ? Et quoiqu'il m'en coûte, je n'aurais pas désormais le courage de faire mon devoir, plutôt que d'offenser mon Sauveur, de le crucifier ?

C'est ainsi que le chemin de la croix peut exciter, admirablement, à la contrition et à la bonne volonté généreuse. En outre il peut prévenir contre tous les découragements. C'est le cas, par exemple, pour les âmes chrétiennes, lorsque, après les meilleures résolutions, reviennent les mêmes faiblesses. Alors on est tenté de se laisser aller, comme si de continuer la lutte était désormais inutile.

Ils n'y succomberont pas, ceux qui, bravant le respect humain, sauront gravir avec Jésus le chemin de la croix. Il y est tombé jusqu'à trois fois ; mais trois fois il s'est relevé. Ceux qui veulent être disciples du Christ peuvent-ils faire moins. A l'exemple de saint François de Sales, ils diront ces paroles : "Mon pauvre cou, nous voilà donc tombés dans la fosse, que nous avions tant résolu d'éviter ! Allons, relevons-nous, réclamons la miséricorde divine, espérons en elle. Confiance !" Et la confiance reviendra, et ils se relèveront, et, réconfortés par Jésus-Christ, ils continueront à monter avec Lui leur calvaire.

A l'école du chemin de croix, on peut encore apprends la patience dans les épreuves, ou le pardon des offenses. Si nous souffrons, Jésus-Christ n'a-t-il pas souffert le premier ? Si nous sommes humiliés, outragés, Lui, le Dieu du ciel, n'a-t-il as été odieusement traîné dans la boue, comparé, à un scélérat, bafoué, souffleté, et n'a-t-il as pardonné à ses bourreaux ?

Ainsi la pratique du chemin de la croix est une oeuvre glorieuse pour Dieu, salutaire à l'âme, et grandement utile aux fidèles défunts, qui attendent que nous les aidions à sortir des flammes du purgatoire.

En résumé, le chemin de la croix est une école de sainteté à laquelle nous sommes tous appelés.

Pieta

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