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La Cité mystique de Dieu et Marie d'Agreda face à l'Eglise

Publié le : - Catégories : Histoire religieuse , La Vierge Marie , Spiritualité - doctrine , Tous les articles

Cité mystique de Marie d'Agreda

Publication de la Cité mystique de Dieu

Cinq ans après la mort de Mère Marie de Jésus, en 1670, on imprima pour la première fois la Cité mystique de Dieu qui causa une profonde émotion par la nouveauté des choses merveilleuses qu'elle révélait au monde. L'ouvrage avait été scrupuleusement examiné par des hommes d'une science éminente et d'une grande piété. Ils n'avaient trouvé rien à reprendre.

Cette oeuvre imposante est d'une très grande richesse mystique, spirituelle et dogmatique. Mais devant une telle oeuvre on se demande si cela vient vraiment de Dieu. N'oublions pas que cela a été écrit au XVIIe, à une époque où on ne badinait pas avec l'orthodoxie doctrinale et où la réforme catholique post-tridentine était en pleine expansion.

Examen de la Cité Mystique

Remarquons d'abord, que si le Ciel a demandé d'écrire les révélations reçues, Marie d'Agreda ne l'a fait qu'après avoir consulté confesseur, directeur spirituel et supérieurs, qui tous lui assurèrent que c'était la volonté de Dieu et qu'elle devait obéir au Ciel.

Il y a peu d'ouvrages qui reçurent un aussi grand nombre d'approbations remarquables et par la source d'où elles émanent et par la discussion approfondie de toutes les parties du livre. Ces approbations à elles seules formeraient un volume ; nous n'en citerons que trois ou quatre.

- le 6 mai 1667, soit 2 ans après la mort de Marie d'Agreda, l'évêque du lieu, dans un texte de 30 pages, donna son approbation longuement et savamment motivée.

- en 1699 les deux université de Salamanque et d'Alcali examinèrent des propositions censurées par la Sorbonne. Après une étude très sérieuse, ces deux célèbres universités reconnurent "que les propositions signalées par Messieurs de Sorbonne étaient entièrement libres de tout soupçon de fausseté et d'erreur."

- en 1715 les régents de l'université de Louvain, après un mûr examen, publièrent un magnifique éloge de la Cité mystique. A la fin de ce texte nous pouvons lire : "Deux choses nous paraissent démontrées : "c'est bien la vénérable mère d'Agreda qui a écrit cet ouvrage, mais il est impossible qu'elle l'ai composé sans une assistance particulière de Dieu. Nous jugeons donc que l'intérêt public demande la publication de la Cité mystique, à cause du grand bien qui en résultera."

Corps de la vénérable Marie d'Agreda

La Cité Mystique de Dieu et Rome

Le 24 janvier 1673 le Pape Clément X délivrait des Lettres Apostoliques dans lesquelles il décernait le titre de Vénérable à Mère Marie de Jésus.

le même pape Clément X (1670 - 1676) avait permis d'introduire la cause de la béatification de la vénérable abbesse du couvent d'Agreda. Mais cela demandait de soumettre à un nouvel examen sévère tous ses écrits. L'ouvrage était déjà encore en cours d'examen par l'inquisition espagnole qui, par prudence, avait mis sous séquestre l'oeuvre. Le Saint-Office de Rome, sans avoir encore examiné l'ouvrage et sans aucune censure spéciale, en défendit provisoirement la lecture en le mettant à l'index, en 1681, par un décret qu'Innocent XI approuva. Cependant, cette mesure parut trop rigoureuse, et au bout de trois mois environ, le Pape leva la défense faite par la congrégation de l'Index. Pendant ce temps une Congrégation spéciale examinait cette oeuvre si extraordinaire.

Le 3 septembre 1686 l'inquisition espagnole leva le séquestre, c'était reconnaître que l'on pouvait en toute confiance lire et propager l'oeuvre de Marie d'Agreda. Mais ce n'était pas encore une approbation officielle.

De son côté, le pape Alexandre VIII (1689 - 1691) déclara que l'ouvrage pouvait être lu en toute  sûreté : "licitement et impunément". En 1704, l'imprimeur de l'Index ayant laissé paraitre le titre de la Cité mystique parmi les ouvrages prohibés, le Pape Clément XI ordonna que l'ouvrage de la vénérable Marie d'Agreda fût absolument rayé du livre de l'Index.

Plus les théologiens examinaient l'ouvrage, plus la parfaite exactitude de la doctrine devenait évidente.

L'Immaculée Conception

L'Immaculée Conception

Marie d'Agreda et l'Immaculée Conception

Malgré les avis favorables, les autorités officielles, l'inquisition espagnole ou la cours romaine, gardaient certaines réticences à porter officiellement une approbation très louangeuse de la Cité Mystique de Dieu ce qui aurait permis à la cause de béatification d'avancer rapidement. L'obstacle de telles réticences venait de l'affirmation rigoureuse de l'Immaculée Conception ainsi que le soulignait le 16 décembre 1692 à l'Abbesse d'alors du couvent d'Agreda, le postulateur de la cause, le P. José Falces.

Cette remarque est très intéressante, car, la définition solennelle du dogme par le Bienheureux Pie IX le 8 décembre 1954 donne encore plus de valeur à l'oeuvre de Marie d'Agreda. Il y a aussi un autre privilège de la Vierge Marie, l'Assomption, qui a été affirmé par Marie d'Agreda alors que la définition comme dogme de foi n'a été faite  que par Pie XII le 1er novembre 1950.

Pourquoi n'est-elle pas encore été béatifiée ?

Les polémiques, notamment celle soulevée par la Sorbonne, autour de la Cité Mystique retardèrent les travaux concernant la béatification, car toute condamnation d'un écrit d'un candidat à la béatification mettait en sommeil son procès.

Ainsi le procès apostolique ouvert en 1675 et clos en 1678, ne fut approuvé et déclaré valide qu'en 1759 et définitivement approuvé par le pape Clément XIII le 9 janvier 1760. 

En 1729 le pape Benoit XIII ordonna de poursuivre l'affaire de la béatification  et statua en même temps que la Cité mystique ne fut plus soumise à d'autre examen. 

En 1757, la congrégation chargée d'examiner les dernières réponses aux objections déclara que Marie d'Agreda était bien l'auteur de la Cité mystique. Clément XIV confirma une nouvelle fois, en 1771, que l'oeuvre a été réellement composé par Marie d'Agreda.

La cause de la béatification arrivait presque à sa conclusion, mais une bombe à retardement, un document écrit de la main du Pape Benoît XIV et daté du 1er juin 1748, avait été enfermé dans les archives secrètes de la Papauté, dans lequel il demandait que soit laissée pendante la cause de la Vénérable. La raison avancée était sans grande consistante : il s'agissait de la crainte de voir s'établir une polémique sans fin entre adversaires et partisans de l'Immaculée Conception.

Mais ce qui devait arriver, arriva. Quand en 1773 le pape Clément XIV acquiesça pour la reprise de la cause, l'on trouva au château l'étrange document. Afin de ne pas opposer un pape à un pape, il fut juger préférable d'ajourner indéfiniment la cause.

Portrait de Marie d'Agreda

Vers la béatification de la vénérable Marie d'Agreda ?

Avec la définition du dogme de l'Immaculée Conception le 8 décembre 1854, rien ne s'opposait plus à la reprise de la cause. Cependant le silence persista, bien que la Cité Mystique de Dieu, ni approuvée, ni condamnée, continuait à se répandre dans le monde entier et que l'intercession de son auteur était de plus en plus sollicitée avec ferveur. Mais, en 1867, un miracle obtenue par son intercession en faveur d'une religieuse belge contribua à la mieux faire connaître, notamment en France. Avec le XXe s. sa renommée grandit. En 1927 Pie XI autorise la reprise de la cause. En 1965 le 3ème centenaire de sa mort est l'occasion de plusieurs cérémonies, publications, émissions à la radio. En 1986 l'évêque d'Osma et de Soria remet à Jean-Paul II un exemplaire de la Cité Mystique de Dieu. Les années 1989, 1996, 1997, 1999, 2000 verront des événements significatifs pour mettre en valeur Marie d'Agreda. A l'heure actuelle un mouvement favorable à la cause de béatification de Marie d'Agreda se dessine à Rome et laisse espérer une prochaine et heureuse décision.

Toute cette activité autour de la Cité Mystique de Dieu et  de Marie d'Agreda montre l'importance de cet ouvrage et du grand profit spirituel que nous pouvons en tirer. Ce livre, composé il y a plus de 350 ans, garde toute son actualité ; nous allons donc accomplir quelques promenades dans cette Cité Mystique.

Statue de Marie d'Agreda

Une partie des images proviennent du site : https://mariadeagreda.org

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