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Comment surmonter le danger de la routine dans la prière du chapelet ?

Saint Dominique et le rosaire

Une des principales objections faite à la prière du chapelet est la routine qui provient de la répétition incessante du "je vous salue Marie" et sans faire attention à ce que l'on dit. Ce risque de transformer la prière du chapelet en une suite monotone d'une même prière au sens de laquelle on ne fait plus attention, est bien réel. Mais ce n'est pas une raison d'arrêter de prier le rosaire, c'est simplement un défit à relever, un obstacle à surmonter. Nous vous donnons ici quelques pistes pour aider à toujours mieux prier le chapelet.

La répétition, le langage de l'amour

Le Père Faber disait : "presque tout le monde a quelque monotonie dont il ne se fatigue point." Pourquoi cela ? Parce qu'on aime. On restera ainsi des heures entières à écouter, sans lassitude, ces bruits monotones qu'on aime. L'amour se plaît à cette monotonie. Lacordaire a écrit que "lorsqu'il s'agit de Marie, l'amour n'a qu'un mot, et qu'en le redisant toujours, il ne le répète jamais" (cf Vie de saint Dominique, chap. VI). Vu sous cet aspect, la monotonie du chapelet disparait et on est loin du moulin à prière. Parce qu'on aime Marie, on ne se lasse pas de prier le "je vous salue Marie".

Chapelet Notre-Dame de Lourdes

Au delà des mots

Nous sommes bien obligés d'employer des mots, de former des phrases. Mais allons jusqu'à la réalité signifiée par les mots. Et justement, c'est là où la répétition a son côté positif. En répétant souvent les mêmes mots, nous sommes plus libres, plus disponibles pour aller jusqu'aux vérités qu'ils expriment. Ces réalités signifiées débordent largement les mots : derrière ce mot de cinq lettres "Marie" qu'y a-t-il ? La Mère de Dieu, la créature la plus sainte, l'Immaculée Conception. Ainsi pour éviter une certaine lassitude qui peut provenir de la répétition de ces 5 lettres, contemplons ce trésor de sainteté, de pureté et de vertus.

La présence de Dieu

Saint Ignace, dans ces fameux exercices, demande au retraitant de commencer toujours ces méditations, il y en a environ cinq par jour pendant trente jours, par la mise en présence de Dieu. Cet acte préalable doit être notre première action avant de prier. Comme nous ne voyons pas Dieu le Père, ni Jésus, ni la sainte Vierge, il est bon, avant de s'adresser à eux, de prendre conscience de leur présence. N'oublions jamais que le monde spirituel, le mondes des êtres purement spirituels est un monde bien plus réel que le monde matériel dont l'existence nous saute aux yeux. Tout ce qui est matériel est appelé à disparaitre alors que les réalités spirituelles sont incorruptibles, immortelles.

La prière, une entrée en dialogue

Il ne faut pas se contenter de la seule présence de Dieu, de Jésus ou de Marie, mais nous devons aller plus loin. Ce ne sont pas des statues. Notre Dieu est le Dieu vivant, le seul vivant ; il n'est pas inerte comme les idoles. Avec eux un véritable dialogue peut s'engager même si nous ne les voyons pas, même si leur manière de parler nous est peu habituelle. N'oublions jamais que la prière est, non pas un monologue avec nous même, mais un dialogue avec une personne qui nous voit, qui nous entend et surtout qui nous aime, qui désire notre bien, notre salut, notre sainteté plus que nous-même nous le désirons. Dans la prière du "Je vous salue Marie" ce dialogue est évident dès les premiers mots : "je" et "vous". Nous parlons directement à la sainte Vierge, sans intermédiaire. Rien que ces deux mots devraient nous mettre dans une joie continuelle : ils semblent abolir toute distance entre Marie et nous.

Les Mystères du Rosaire

La valeur du chapelet

Pour bien réciter le chapelet il n'est pas nécessaire de penser à chacun des mots que l'on prononce. C'est quasiment impossible. Ce qu'il faut, c'est commencer avec un vrai désir de prier, puis le faire avec bonne volonté, et d'une manière respectueuse. Si on ne peut penser à tous les mots, on peut penser au moins à Dieu, et à la Très Sainte Vierge. S'entretenir de pensées pieuses en général, pendant que les lèvres prononcent l'Ave Maria, est une excellente manière de réciter le chapelet. D'ailleurs c'est le but de la méditation des mystères associés à chaque dizaine, comme nous le disons plus bas. Si, malgré la bonne volonté, l'imagination s'égare, Dieu, qui regarde au coeur, à l'intention, plutôt qu'au résultat, écoutera quand même notre prière. La sainte Vierge, elle aussi, l'aura pour agréable. Quand nous prenons conscience de notre égarement revenons courageusement à notre prière.

Témoignages en faveur de la prière du chapelet

Pour rester fidèle au chapelet quotidien nous attirons votre attention sur trois points :

- la sainte Vierge à Lourdes et encore plus à Fatima a insisté sur la prière quotidienne du chapelet. A Fatima au Portugal, à chaque apparition, la sainte Vierge demandait aux trois petits voyants de prier le chapelet tous les jours.

- Les papes des temps modernes, surtout à partir de Léon XIII, le pape du rosaire, ont encouragé à la prière quotidienne du chapelet. Saint Pie X disait et saint Jean-Paul II dans sa lettre encyclique sur le Rosaire demandait aux familles de reprendre le chapelet en main.

- Soeur Lucie de Fatima affirmait que le chapelet est la pratique de piété la plus puissante après la sainte Messe ; elle a demandé qu'il soit reconnu officiellement comme une prière liturgique.

Peut-on trouver des témoignages d'une plus grande autorité ?

Notre-Dame de Fatima

Prière mentale - prière vocale

Si l'on considère le rosaire simplement comme une prière vocale, on peut s'en lasser facilement et le transformer en routine. Mais le rosaire ce n'est pas cela ; il est principalement une prière contemplative, d'abord en faisant attention au sens profond des paroles du "je vous salue Marie", mais surtout en méditant les mystères de la vie du Christ que la tradition a associé à chaque dizaine (mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux). Cette contemplation se fait à travers le coeur de sa Mère ; elle nous apprend à nous conformer au Christ, le but de toute vie chrétienne.

La posture dans la prière

Saint Pierre Julien Aymard disait que la plupart de nos distractions durant nos visites au très Saint-Sacrement proviennent de notre maintien négligé : facilement on s'assoit, ou on est avachi sur le prie-Dieu. N'est-ce pas triste de voir des personnes, quand elles rentrent dans une église et vont à l'autel du Saint-Sacrement, la première chose qu'elles font, c'est de s'assoir ? La sainteté de l'hôte du tabernacle ne mérite-t-il pas mieux ?

Ainsi quand on prie le chapelet, se mettre à genoux et penser à la dignité de la personne à laquelle on s'adresse, ne serait-ce pas un excellent début pour prier le rosaire avec dignité, attention et dévotion ?

Dans un article antérieur consacré au Rosaire nous vous conseillons la lecture des deux écrits suivants :

- Lettre apostolique "Rosarium Virginis Mariae" du Pape Jean-Paul II (16 octobre 2002)

- le secret du rosaire de saint Louis Marie Grignion de Montfort

Nous renouvelons ce conseil et à cela nous ajoutons les écrits du bienheureux Bartolo Longo qui est à l'origine du sanctuaire consacré à Notre-Dame du Rosaire à Pompeï.

Le pape saint Jean-Paul II

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2 comments

Père Dominique Savio Marie - 27/12/2025 09:17:53


La posture à genoux est plus respectueuse pour prier, mais évidemment si la santé ne le permet pas on peut s'asseoir. Ceci étant quand on voit combien de personnes commence par s'asseoir n'y a-t-il pas un manque de respect ? Dans la prière, pour maintenir l'attention ou la ferveur il peut être bon de changer de posture : assis, debout, à genoux, même allongé ; saint Jean-Paul II priait souvent allongé les bras en croix. Il est important de comprendre que la position de notre corps soit en harmonie avec la disposition de notre âme dans la mesure du possible. Les conseils donnés dans cet article concerne plus spécialement la prière du chapelet, mais en plus des difficultés propres à chaque prière, il y a aussi les obstacles liés à la prière en général. Dans le Catéchisme de l'Eglise catholique il y a justement un chapitre intitulé "Le combat de la prière" auquel chaque chrétien est affronté un jour ou l'autre. Ainsi quand la prière devient aride, difficile, sans goût, sans consolation, etc… il ne faut surtout pas se décourager mais persévérer coûte que coûte. Jésus est toujours présent à côté de nous, même si nous ne le sentons pas. Je vous encourage vivement à lire ce chapitre du catéchisme : nro 2725 à 2758.

Gwendoline - 16/12/2025 13:33:00


Je viens de lire l'article au complet. "N'est-il pas triste de voir les gens s'asseoir plus que de se mettre à genoux par respect..." & lorsqu'on a des problèmes aux genoux, c'est un manque de respect pour prier ? Il y a bien des gens qui prient debout, ou allongés (le soir) Les dictats sont vraiment stricts, & je ne pense pas que Jésus était une personne stricte. Pas étonnant qu'on se lasse de prier le chapelet... Je le prie chaque matin, mais la lassitude se fait ressentir, non pas par manque de respect, mais parce que j'ai l'impression de parler/prier dans le vide. Ça me plaisait beaucoup de prier le chapelet, mais ma foi semble ébranlée. & le contenu de votre article ne donne pas vraiment de solutions concrètes. Que faire quand notre foi devient lassitude ?