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Début et expansion du Rosaire Vivant de Pauline Jaricot

Dans un article précédent nous avons rappeler l'origine du Rosaire Vivant (Qu'est-ce que le rosaire vivant ? Quelle est son origine ?), initiative due à la vénérable Pauline Jaricot. Nous allons voir comment il s'est développé.

La vénérable Pauline Jaricot

Pauline Jaricot

Les débuts du Rosaire Vivant

Comme on l'a vu dans la lettre dont nous avons rapporté un extrait dans l'article déjà cité, le but du Rosaire Vivant, dans la pensée de Pauline est la propagation universelle de la prière et de la charité, qui seules pourront sauver les derniers jours du monde. Pour cela elle  s'offre pour réparer pour les pécheurs. Au moment où Pauline envisageait le Rosaire Vivant et commençait ses premières démarches, un jésuite, le Père Barelle, la pressa de travailler à la diffusion de bons livres. Ainsi à l'origine, les deux oeuvres, la propagation des bons livres et le Rosaire Vivant, s'épaulaient mutuellement. Pauline voulait que la prière, unie à la charité, fut le but principale de la nouvelle oeuvre, et la diffusion de la bonne littérature l'accessoire, par contre, son frère Philéas qui s'occupait de la diffusion de livres, pensait le contraire. Le quiproquo ne pouvait pas durer. Pauline exposa ses vues au vicaire général, qui les adopta pleinement, et les deux oeuvres prirent une certaine indépendance l'une par rapport à l'autre. L'association du Rosaire Vivant pouvait voler de ses propres ailes et prendre le large. Elle commençait sous de bons hospices car le Nonce de Paris, Mgr Lambruschini, l'avait bénie et l'autorité ecclésiastique du diocèse approuvée.

Le Rosaire Vivant se répandit rapidement : en 1834 il comptait plus d'un million d'adhérents en France.

Chapelet

Précieux enseignements pour bien prier le chapelet

Dans son journal intime, Pauline Jaricot nous découvre le grand bien spirituel qu'elle retira  de cette nouvelle dévotion. Cet enseignement reste toujours d'actualité, et la lecture de ce texte est d'une grande utilité pour prier le chapelet avec plus de ferveur et de dévotion :

"En un mot, le premier fruit du Rosaire-vivant fut de prouver, une fois de plus, que les œuvres de sanctification sont les effets de la miséricorde divine et non le résultat du travail de la créature.

Quant à moi, je peux dire de la dévotion du Rosaire ce que les livres saints disent de la sagesse : « Tous les biens me sont venus avec elle ! » Entre autres grâces, cette dévotion m’a fait comprendre que l’humilité du cœur, et la prière unie aux mérites de Jésus-Christ et offerte par sa Mère Immaculée, sont les seules garanties de la paix. La méditation des mystères du saint Rosaire a dégouté mon esprit de tous les vains raisonnements de la sagesse humaine: elle m’a convaincue de cette vérité, que le salut de la France, comme celui de l’univers, est uniquement dans la connaissance, dans le souvenir des mystères de la vie et de la mort d’un Dieu fait homme, et victime par amour pour l’homme.

De plus, par la vertu du Rosaire, mon faible coeur ose unir sa voix à celle du Sauveur qui, dans les larmes de la pauvreté et la souffrance, n’a cessé, durant sa vie mortelle, de faire retentir les demandes du Pater. Par la méditation douce et continue de ces mystère, j'ai compris la gloire que rendait au Père céleste la moindre action du Verbe incarné, et par suite, la réparation surabondante qu’une seule goutte du sang de Jésus-Christ, une seule de ses larmes, un seul de ses soupirs, a dû offrir à la justice, pour effacer et réparer les péchés du monde.

Aussi ai-je espéré avec une intime, une entière certitude, que je serais exaucée, et, dans le sentiment de ma confiance absolue envers le Tout-Puissant Rédempteur, j’ai oublié ma propre indignité, pour tout demander, tout espérer, tout attendre, avec la conviction que le chrétien quel qu’il soit, a droit de se prévaloir humblement des mérites de son chef, et que rien ne peut lui être refusé, quand il parle à la suprême Justice à travers les plaies de Jésus-Christ par la voix de Marie !"

Mais les oeuvres de Dieu ne peuvent pas se développer sans la croix, et elle ne manquèrent pas.

Chapelet en nacre blanc

Mécontentement du général de l'ordre des Dominicains

La diffusion du rosaire était un peu la chasse gardées des dominicains. En outre, de faux rapports sur l'oeuvre du Rosaire Vivant attira de sévères reproches du Père général qui accusa Pauline de vouloir par une imprudente innovation, anéantir ou changer la dévotion du Rosaire.

Pauline écrivit au RP Général et lui expose avec une humble et lumineuse simplicité, les motifs qui l'avaient déterminée à fonder le Rosaire Vivant ; le RP Général fut touché de cette lettre si humble et si confiante et agréa les explications de Pauline. En 1835 il affiliera le Rosaire Vivant à l'Ordre dominicain, le faisant participer à toutes les prières, à tous les mérites de celui-ci. Depuis ce temps les dominicains n'ont pas cessé de témoigner à la vénérable un dévouement  qui l'a suivie jusqu'au tombeau, et même au delà ; car les premiers, ils ont cherché à faire glorifier sa sainte mémoire..

La grande diffusion du Rosaire Vivant

Quatre ans après la fondation du Rosaire Vivant, en 1831, Pauline écrivait aux conseillères de cette oeuvre :

"Les dizaines continuent à se multiplier avec un incroyable rapidité, en Italie, en Suisse, en Belgique, en Angleterre, et dans plusieurs contrées de l'Amérique... Canada, Colombie, Inde..

Cette oeuvre, que Pauline nommait celle de son coeur, fut l'occasion d'une abondante correspondante qui lui permit de prendre connaissance d'une foule de traits charmants et pleins d'édification dus au Rosaire Vivant.

Tandis que le Rosaire Vivant s'étendait en faisant du bien partout, les épreuves se succédaient pour l'oeuvre et pour la fondatrice en partie dues aux menées sournoises de certains gallicans contre une oeuvre dont la fondatrice se disait vraie fille de l'Eglise romaine.

La sanction de Rome

L'approbation pontificale se faisait attendre et c'était pour certains l'occasion de critiquer davantage l'oeuvre et de tenter de diviser les volontés et les coeurs.

Rome se prononça enfin et Grégoire XVI envoya un premier bref qui fut intercepté en route... Du coup un second bref daté du 27 janvier 1832 et un troisième du 2 février de la même année furent expédiés. Les brefs furent enfin publiés, et l'oeuvre du Rosaire Vivant, établie selon toutes les règles avec comme cardinal protecteur, l'ancien nonce à Paris, l'illustre cardinal Lambruschini.

Pape Grégoire XVI

Pape Grégoire XVI

Pauline Jaricot inséparable du Rosaire Vivant

Des intrigues se montèrent pour essayer de mettre de côté Pauline jalousée, pour l'influence qu'elle exerçait, qui selon certains dépassait toute mesure. Mais ce fut en vain, la grande famille du Rosaire Vivant demeura, envers et contre tout, attachée à Pauline et l'intrigue ne put jamais rien sur le grand coeur du cardinal protecteur qui déjà témoignait à la sainte fondatrice l'affection d'un père.

En 1862, à la mort de la fondatrice, sa confidente, Marie Melquiond, reçue en audience par le Pape Pie IX, lui dira que le Rosaire Vivant groupe plus de 150 000 quinzaines, ce qui fait un total de 2 250 000 inscrits, en France seulement...

Le bienheureux Pape Pie IX

Le bienheureux Pape Pie IX

La fécondité de cette dévotion

Le Rosaire Vivant existe toujours et les quinzaines ont été remplacées par des vingtaines en raison des mystères lumineux.

Le Rosaire Vivant se retrouve un peu dans le mouvement des équipes du Rosaire fondé en 1966 par le dominicain Joseph Eyquem et madame Colette Couvreur. Se réclamant de la visée missionnaire de pauline Jaricot, ce mouvement anime des petits groupes de prière à domicile, en milieu de baptisés peu pratiquants.

Pour terminer, citons le pape Léon XIII :

« On doit encore à Pauline-Marie Jaricot le Rosaire vivant, c’est-à-dire le partage des quinzaines du Rosaire entre quinze associés. Par là, au moment où la phalange de toutes les erreurs s’élançait à I'assaut l’Église, cette pieuse vierge, soutenue du suffrage des Évêques, a merveilleusement propagé et comme rendue continuelle, l’invocation à la Mère de Dieu, à Celle qui, seule, écrasa toutes les hérésies et qui, pour la destruction de ces mêmes hérésies, donna le Rosaire à saint Dominique comme la meilleure arme contre elles.

Cette manière de prier, aussitôt répandue et reçue partout aux applaudissements des fidèles, fut recommandée par des lettres pontificales et enrichie de beaucoup d’indulgences. » (Bref donné le 13 juin 1881)

En effet, bien peu de personnes ont assez de loisir et de ferveur, pour réciter chaque jour le grand Rosaire. c’est pourquoi Pauline, douée d’un remarquable esprit d'organisation, trouva le mode simple et ingénieux, qui fut accepté de tous, et mis en pratique même par les moins fervents.

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