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La dévotion et les dévotions catholiques

Publié le : - Catégories : Spiritualité - doctrine , Tous les articles

Chapelet de Notre-Dame de Lourdes

De la dévotion aux dévotions

La dévotion comporte un engagement religieux de tout l'être envers Dieu ; il est l'acte intérieur principal de la vertu de religion. Mais, pour certains, le mot au pluriel (dévotions) ne serait qu'une dégradation et amorcerait un renversement complet de l'attitude spirituelle, du service de Dieu seul à la recherche de soi, dans la mesure où les dévotions seraient prises pour fin. Si ce danger est bien réel, comprendre les réalités qui se cache derrière ce mot, nous aidera à l'éviter.

A l'inverse de la dévotion, les dévotions sont des actes externes de la vertu de religion. Par là nous pouvons comprendre dès maintenant que loin de s'opposer la dévotion et les dévotions se complètent. Le deux sont nécessaires, car nous sommes corps et âme.

Dans la dévotion intérieure, volonté de se donner promptement à ce qui touche au service de Dieu, l'accent se porte sur l'élan de la volonté vers Dieu, élan pur et tout intérieur, éminemment personnel et libre. Mais comme la vertu de religion concerne tout l'homme, corps et âme, des oeuvres externes visibles en lien avec la dévotion intérieure sont nécessaires. Si la dévotion est la volonté, donc un acte intérieur, de se donner promptement à ce qui regarde le culte intérieur et extérieur dû à Dieu, le mot dévotion peut s'appliquer aussi à toutes ces oeuvres extérieures, à tous les moyens qui aident la dévotion intérieure.

Diptyque le Bon Pasteur

Caractéristique générale des dévotions

A sa naissance, une dévotion apparaît toujours comme un moyen plus facile et mieux adapté au service de Dieu. Plusieurs facteurs entrent en jeu, l'affectivité, l'attrait intérieur, la culture, etc...

Ainsi les objets des dévotions sont variés : des mystères, comme l'Eucharistie, l'Annonciation, des personnes comme le Sacré-Coeur, les saints, ou même des choses matérielles comme les médailles  religieuses ; ils se rapportent plus ou moins directement à Dieu, sur lesquels l'attrait porte l'âme à fixer ses préférences, afin d'y trouver un aliment à sa piété et un moyen de mieux servir Dieu. Les pratiques de dévotion qui expriment visiblement  la vertu de religion, se rattachent à une dévotion jusqu'à former un tout avec elle, à la manière d'un organisme unique. Les dévotions, considérées dans leurs objets  et dans leurs pratiques, ont pour but d'entretenir et d'accroître la dévotion, qui n'a de regard que vers Dieu seul.

Une dévotion est une manière de concrétiser sa vie spirituelle et de la structurer autour d'une ou plusieurs lignes directrices, qui peuvent varier au cours des années en fonction de besoins spirituels et de nos progrès.

En conséquence une dévotion naît, croît, s'épanouit mais peut s'estomper et mourir. Si toute sa fonction est d'aider la vie spirituelle d'une communauté ou d'une personne, elle évoluera en fonction même de cette vie spirituelle.

Médaille de saint Benoît

Légitimité  des dévotions

La légitimé des dévotions a pu être remis en cause sous prétexte que la première place doit être donnée à la liturgie. Si la liturgie a la première place, il y a aussi d'autres places ; l'Eglise en approuvant des dévotions particulières comme le chapelet, le chemin de croix les encourage.

Cette diversité des dévotions particulières se justifie tout à fait sous le régime de la Loi Nouvelle, car c'est une loi de liberté ; "il est bon qu'à côté de la liturgie subsistent les formes de la piété populaire et qu'elles s'affirment et se déploient librement selon les exigences locales, sociales nationale et historiques d'une race"comme écrivait R. Guardini dans l'Esprit de la liturgie.

Autres sont les besoins de l'enfant, autres ceux de l'adolescent ; autres ceux de l'homme d'action,autres ceux du contemplatif. Autres encore les besoins de l'Orient et de l'Occident.

L'Eglise se doit de reconnaître cette liberté des fidèles, réaffirmée par l'encyclique Mediator Dei en 1947 (cf. n° 147).

Valeur des dévotions

Cela ne signifie pas que toutes les dévotions se valent. Il y a des dévotions plus riches doctrinalement que d'autres. Mais d'autres éléments doivent être pris en compte, comme la simplicité. Au delà de tous ces éléments palpables, il y a l'inspiration de l'Esprit-Saint qui agit, par exemple dans la canonisation des saints mais aussi meut les fidèles et les saintes âmes à chercher secours et lumière dans telle ou telle dévotion qu'il suscite et promeut selon les besoins d'une époque.

Avant tout, c'est aux fruits que l'on peut juger de la valeur d'une dévotion. En s'inspirant de saint Louis-Marie Grignion de Montfort on peut dire que la vraie dévotion est intérieure, constante, désintéressée, nous porte à pratiquer une pureté de coeur, elle est confiante et tendre.

Il faut éviter la multiplicité des dévotions ; elles ne doivent pas empiéter sur le devoir d'état, empêcher les actes fondamentaux de la vertu de religion. Derrière cette abondance de dévotions peut se cacher une gourmandise spirituelle, un piège du démon ; car se rendant compte qu'il ne peut pas nous détourner de la dévotion, il essaye de la rendre inefficace par cette abondance qui nous maintient au niveau de la superficialité.

En ce domaine chaque âme est unique, ce qui convient à l'une ne convient pas à l'autre. Certains saints n'ont jamais prié que vocalement eta qui en cela trouvaient une merveilleuse dévotion. Cependant pour l'ensemble des âmes, avec le progrès dans l'union divine, la vie spirituelle se simplifie et alors la multitude des pratiques charge et partage l'esprit, empêche ou interrompt  ce repos et ce recueillement des puissances si nécessaire l'union divine. A ce niveau les conseils d'un directeur spirituel seront d'une grande utilité.

Scapulaire vert

Déviations possibles des dévotions

La recherche d'intérêts temporels guide trop de chrétiens en leurs dévotions. Bien loin de les rapporter à leur salut, ils prétendent les faire servir à leurs intérêts personnels.

Mas l'un  des plus grands risques est de tomber dans le sentimentalisme qui risque de se substituer à l'authentique élan spirituel.

L'affectivité est tellement présente qu'elle risque de cacher le contenu doctrinal et la dévotion est vue comme un moyen privilégié de vie spirituelle et de salut.

Pour éviter ces écueils nous devons avoir une grande docilité au Saint-Esprit, accepter les décisions de l'Eglise qui parfois condamne telle ou telle dévotion. Nous devons travailler aussi continuellement à la purification des intentions, à la pureté du coeur.

Nous espérons que ces réflexions vous aideront à faire un bon usage des objets de dévotion ; il faut savoir s'en servir raisonnablement mais non en devenir esclave.

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2 commentaires

Père Dominique Savio Marie


06/04/2020 15:46:39

Merci pour votre commentaire qui est un encouragement dans notre travail. S'il y a d'autres sujets qui vous intéressent, n'hésitez pas à nous le dire. C'est avec plaisir que nous ferons un article.

guillaume


04/04/2020 18:03:46

Merci pour cet article, merci de prendre soin de notre vie spirituelle par vos publications