Sacramentaux, bénédictions et formules magiques ou ésotériques

Publié le : 27/12/2018 09:37:35
Catégories : Articles religieux, objets monastiques , Bénédiction des objets religieux

Christ bénissant

Le Christ Sauveur, source de toutes bénédictions

Dans l'usage des sacramentaux, l'eau bénite ou la médaille de saint Benoît par exemple, il est important de bien comprendre comment l'action d'un sacramental se distingue de l'esprit magique ou superstitieux.

Le sacramental va au delà du signe

Par le sacramental nous nous adressons explicitement et clairement à une personne qui nous aime, qui est bonne ; par conséquent nous pouvons lui faire confiance. Nous utilisons un signe dont l'un des rôles est de nous aider à avoir les dispositions intérieures en conformité avec notre demande.

Mode d'action des formules magiques

Par contre dans la magie, cette référence explicite à une personne n'est pas mise en avant. Les effets recherchés sont attribués à des choses, des objets inanimés ; or ces objets ne peuvent avoir par eux-même la vertu ou la force qu'on leur attribue. Par conséquent l'efficacité des rites magiques supposent l'action d'une force supérieure, un être spirituel qui a la puissance de se servir d'objets sensibles pour obtenir des effets qui dépassent la puissance de ces objets. Ainsi la formule magique est comme une prière, un appel à l'aide à un esprit qui a tout intérêt à rester caché. Pourquoi cela ? Car si les hommes connaissaient vraiment son identité, ils ne feraient plus appel à lui.

En d'autres termes, si telle pierre ou herbe référencée par un livre de magie se trouve douée, grâce à une parole magique, de propriétés dépassant sa nature minérale ou végétale, l'effet doit être attribué au démon attiré par ce signe.

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Ce signe a-t-il une autorité sur le démon ou une puissance ?

Une plus grande puissance n'est jamais contrainte par une plus petite. Par conséquent les démons ne peuvent pas être contraints par des formules magiques. Ils restent libres de donner aux formules magiques ou occultes leur efficacité.

Pourquoi alors accepte-t-il librement de se soumettre aux rites magiques ?

Le magicien qui croit avoir pouvoir sur l'esprit impur en utilisant les formule de son grimoire et toute variété de pierres, d'herbes, d'arbres, d'animaux, d'enchantements et de rites, amuse le démon qui simule l'obéissance pour mieux entraîner le médium et ses clients dans le péché, ce qui reste son ambition infernale. Ainsi alors que les rites magiques semblent l'y contraindre, il intervient volontiers. La magie appelle le diable, qui se laisse faire pour étendre son empire par des prodiges inexplicables naturellement.

L'avidité du diable

Les démons sont attirés par certains signes en tant que ces choses leur sont offertes en signe d'honneur divin, ce dont ils sont avides. Cette avidité de singer Dieu les attire, car ils reçoivent, grâce au pacte magique, une permission d'agir sur une créature inférieure et plus faible. Par ce pacte l'homme ouvre son âme au démon.

Efficacité du rite magique

Le rite, qui a sa puissance en soi, les gestes et pensées du magicien ne sont pas efficaces par eux-mêmes, comme le sont les sacrements qui agissent ex opere operato. Cette efficacité provient d'une intelligence, pas celle du magicien, mais de l'intelligence à qui s'adresse la formule magique. En effet ces formules dont usent les magiciens sont des évocations, des supplications, des adjurations ou même des ordres, comme s'ils s'adressaient à un autre qui ne peut être que le diable ou ses satellites.

La formule magique, un signe

Les inscriptions occultistes ne sont jamais neutres ou décoratives, mais sont déjà un culte satanique, une révérence envers les esprits maléfiques. Pour bien comprendre cela, citons saint Thomas d'Aquin : De ces lettres qui composent les inscriptions des images, comme des autres caractères, on ne peut rien dire, sinon qu'elles sont des signes. Par conséquent elles n'ont de sens qu'à l'adresse d'une intelligence. Les sacrifices, les prostrations et autres rites analogues prouvent la même chose ; ils sont des signes de révérence à l'endroit de quelque nature spirituelle.

Formule magique

Un signe qui a un sens pour le démon

Même si l'homme lisant ou prononçant ces formules magiques ne les comprend pas, s'il cherche à entrer en communication avec un démon, ce dernier saisit l'occasion et y voit une invitation à intervenir dans le monde.

Différence avec la prière chrétienne

Dans la prière, l'important est le donné signifié (au moyen du signe), le message, et celui à qui l'on s'adresse. Dans la magie, le processus est totalement différent. L'importance est donnée au signifiant (le signe) et non le signifié. Le son de la formule magique a une efficacité qui compte plus pour le démon que la signification de ce qu'elle signifie. L'intelligence du diable se moque de l'incompréhension du magicien. Si la formule l'appelle, il intervient.

Autrement dit la formule magique agit même si l'intention du ministre (par exemple le magicien) est absente, tandis que la formule sacramentelle n'agit que si le ministre a l'intention de faire ce que fait l'Eglise. C'est encore plus vrai pour les sacramentaux dont l'efficacité dépend encore plus des dispositions du bénéficiaire et du ministre.

De soi, il n'y a pas de prières plus efficaces que d'autres, mais dans la mesure où certaines prières permettent de préciser notre désir, notre demande, elles permettent de mieux prendre conscience de nos besoins, d'améliorer nos dispositions intérieures en vue d'être exaucés .

Dans ce domaine, il est important de ne jamais oublier cette précision du Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC N° 2111) : "Attacher à la seule matérialité des prières ou des signes sacramentels leur efficacité, en dehors de dispositions intérieures qu'ils exigent, c'est tomber dans la superstition (Cf. Mt 23, 16-22)."

Saint Michel Archange, Qui est comme Dieu ?

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