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Qu'est-ce qu'un vitrail ? comment sont fabriqués les vitraux ?

Publié le : - Catégories : Art religieux , Tous les articles

Vitrail du baptême du Christ

Sur notre boutique religieuse nous proposons des représentations de vitraux sur des diptyques ou des cartes prière ; c'est l'occasion d'en savoir un peu plus sur ce qu'est un vitrail et comment sont fabriqués les vitraux. Le vitrail ou la création d'image à l'aide de verre coloré, très répandu au Moyen Âge, plonge ses racines dans l'Antiquité. L'originalité de cet art réside dans la translucidité du support, le verre teinté dans la masse, alors que  la peinture utilisée, la grisaille, est opaque. C'est l'inverse des autres techniques picturales où l'on dépose la couleurs sur un fond opaque et où l'on doit rendre l'effet de la lumière par des ors et d'autres teintes éclaircies par du blanc.

Technique de fabrication du vitrail

Préparation et découpe des verres

Le verrier, à l’instar de tout artiste, commence par exécuter un projet en respectant les indications de son commanditaire, auquel il le soumet une fois terminé. Si cette esquisse convient, il peut entamer la réalisation du vitrail. Le peintre verrier prépare alors des planches en bois sur lesquelles il reporte en grandeur d’exécution le projet. Il dessine ensuite les lignes du filet de plomb et détermine, la couleur des morceaux de verre.

C'est à la verrerie et non dans l'atelier du peintre-verrier que les verres destinés à la composition de vitraux reçoivent leur couleur propre. Le bleu était dû à l'oxyde de cobalt, le rouge était coloré au cuivre, qui donnait aussi le vert ; le pourpre venait du manganèse et le jaune de l'antimoine et du fer.

Une fois se travail de préparation déterminé et le choix des couleurs fixé, le maître-verrier découpe les verres à la forme voulue et les peint.

Vitrail de la Présentation de Jésus au Temple

La peinture du vitrail

Peindre le verre, c'est essentiellement modifier sa translucidité. Tandis que le peintre de tableaux compose des nuances en mélangeant ses couleurs, le peintre-verrier choisit des verres teints sur lesquels il distribue l'ombre et la lumière. Il fait naître des formes en chargeant son verre, par une gradation qui va de la transparence à l'opacité, d'une matière noire ou brune qu'on appelle grisaille. Ces explications justifient les expressions employées pour qualifier le vitrail : "peinture sur verre", "l'artiste peint avec du verre, au moyen du verre" ou mieux "l'artiste peint avec la lumière elle-même".

Selon les ateliers, on commence par les contours ou par les glacis des drapés, des visages, des membres et des objets auxquels on donne du volume par des dégradés de peinture. Pour cette peinture il emploie de la grisaille appliquée en trois couches successives. Une fois sèche, l'artisan peut obtenir les lumières en enlevant la grisaille au moyen du manche du pinceau, d'une point de fer ou d'une aiguille. L'emploi de brosse permet d'étendre et de varier la couleur.

Jusqu’à 1300 environ, il n’existe que la grisaille noire ou brunâtre. On redécouvre alors, dans les ateliers travaillant pour la cour de France, le procédé du jaune d’argent. Cette technique, connue depuis longtemps en pays musulman, ne tarde pas à se répandre dans les pays voisins.

Cuisson des éléments du futur vitrail

Une fois les morceaux de verre prêts, on les cuit dans un four. La grisaille, un mélange de verre pilé et d’oxydes métalliques, généralement de la limaille de fer, s’incorpore à la surface du verre ramolli par la chaleur. Si l’opération est réussie, la peinture peut résister durant des siècles aux intempéries. Le jaune d’argent, consistant en un alliage finement pilé d’argent et d’antimoine, mêlé ensuite à de l’ocre puis délayé avec de l’eau, est déposé exclusivement au dos du verre. À la cuisson, il adhère à la surface de celui-ci par diffusion et donne un coloris jaune transparent. Cette nouvelle technique permet de juxtaposer deux teintes sans avoir à exécuter une découpe compliquée.

Vitrail de l'Annonciation

Assemblage du vitrail

La cuisson terminée, on dispose les morceaux de verre sur l’établi et, suivant le modèle réalisé sur la planche, on les assemble au moyen de rubans de plomb. Ceux-ci, présentant un profil en H couché sont appelés plombs ou vergettes ; ils ne dépassent pas à l’époque 60 cm de longueur. La découverte de l’étirage permet au XVe siècle d’en obtenir de plus longs. Du fait de la malléabilité du matériau, ils se prêtent aux formes irrégulières données aux verres. On soude les points de jonction afin de former un réseau continu entourant tous les verres. Une fois l'assemblage achevé,  le peintre-verrier enduit d'un mastic liquide les deux surfaces du vitrail en le faisant bien pénétrer sous le plomb afin d'assurer l'étanchéité. On termine en raidissant l’ensemble par de fines barres métalliques, les barlotières, et on le scelle dans les montants de la baie.

C'est au XIXe s. que ces techniques traditionnelles seront redécouvertes et de nouveau largement employées. Au cours du XIXe s., on assistera à un véritable engouement pour le vitrail néo-médiéval. De nos jours, les artisans qui réalisent des vitraux utilisent toujours la même technique.

Développement et richesse du vitrail

Le vitrail ouvre la porte à la lumière 

A partir de 1150 à peu près commence la tendance à percer des ouvertures toujours plus grandes ; cette avancée technique est due à l'ogive et à la voûte en croisée d'ogives ; les surfaces murales se réduisent tellement que ne subsistent plus que la structure porteuse et les baies où le vitrail prend place. On serait tenter de croire, que c'est un peu par hasard, pour combler un vide que les vitraux ont été placés là. Mais à lire les écrits du moine Suger, il n'en est rien ; à l'origine, il y a la volonté de rendre l'église transparente car la lumière est vue comme le symbole de Dieu qui est un feu incandescent selon la mystique de l'époque, qui s'inspire des oeuvres de Denys l'Aréopagite. L'édifice devient le symbole de la création mystique. La création est conçue comme une incandescence procédant d'une source unique qui se propage de de degré en degré selon une chaîne hiérarchique, celle des êtres.

Vitraux, ouverture à la lumière

La sacralité du vitrail

A l'intérieur de l'édifice, les vitraux participent de cette esthétique de la lumière et contribuent à l'unité spatiale du lieu. Le rayon de lumière inonde l'espace, mais de manière triomphale, l'ornant de gemmes qui brillent d'un vif éclat, et faisant triompher les verrières. La divinité s'exprime à partir d'une clarté surnaturelle. Les verrières captent la lumière et la transforment en pensée religieuse. Les vitraux sont comme un livre sacré par leur pouvoir d'écarter ce qui est mauvais et d'éclairer les fidèles.

Le règne du vitrail

Avec le XIIIe s. on arrive à l'âge d'or du vitrail, il remplace partout la peinture murale dans les églises. La verrière s'adapte totalement à l'architecture, les styles locaux s'épanouissent et les tendances se diversifient. Le vitrail se développe sur des ouvertures de plus en plus nombreuses et variées dans les églises.

Pour l’homme du Moyen Age, la lumière était une des formes de manifestation de Dieu, si bien qu’il voyait dans les vitraux translucides des représentations de la parole du Seigneur. Les théologiens leur attribuaient la vertu d’éclairer l’humanité et de l’écarter du mal. La parabole de l’Enfant prodigue était un des thèmes préférés autour de l’an 1200, son contenu étant, à bien des égards, riche d’enseignements. Elle les prévenait contre l’orgueil, la prodigalité, l’ivrognerie, le jeu et la fréquentation des femmes vénales, tout ce qui pouvait les mener à leur perte. 

le vitrail et la rose

L'art du vitrail culmine avec les roses ou rosaces : le cercle, symbole de la divinité même, du cycle cosmos, du temps éternel et en même temps du Dieu-lumière. La grande rosace du  transept, devient l'élément incontournable de toute cathédrale.

Les vitraux se veulent à la fois didactiques et ornementaux. Le vitrail est un véritable catéchisme à une époque où l'imprimerie n'existait pas et où beaucoup de gens ne s'avaient pas lire.

Rosace de Notre-Dame de Paris

La rosace de Notre-Dame de Paris

Image par Thomas B., VolensNolens, Ella_87 et par falco de Pixabay

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1 commentaires

Marylin Genot


31/05/2020 07:46:24

J'ai toujours aimé les vitraux, enfant nous apprenions à l'école à faire les vitraux avec du papier rigide et des papiers de couleurs translucides , une merveille !