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L'insondable miséricorde divine de la Grande Promesse du Sacré-Coeur

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Sacré-Coeur de Jésus

Nous terminons cette série d'articles consacrées à la Grande Promesse, par quelques explications à propos de la dernière phrase :

"Ils ne mourront point en sa disgrâce, ni sans recevoir leurs sacrements, mon divin Cœur se rendant leur asile assuré en ce dernier moment."

L'adjectif possessif leurs avant le mot sacrements peut surprendre et semblerait cacher une subtilité ; il n'en est rien car recevoir ses sacrements était, du temps de sainte Marguerite Marie Alacoque, une locution courante en Bourgogne et ailleurs.

Assurance infaillible des derniers sacrements ?

Dans cette phrase, complémentaire de la Grande Promesse, les mots : ni sans recevoir leurs sacrements, paraissent, au premier aspect, garantir la réception effective des derniers sacrements. Combien cependant de saints prêtres ou de religieux sont enlevés par une mort soudaine ! Tout dévoués au Sacré Cœur, ils avaient, mieux que personne, rempli la condition. La vérité de la Promesse en deviendrait-elle suspecte ; ou serait-ce un indice de restrictions sous-entendues ?

Nullement. Ces faits indéniables achèvent de nous éclairer sur le sens de ces paroles ; ils confirment une interprétation déjà suggérée par le contexte. Notre-Seigneur ne promet point la réception des derniers sacrements d’une manière absolue, mais II s’engage seulement à fournir l’occasion de les recevoir à ceux qui en auraient besoin pour rentrer en grâce avec Lui.

Statue du Sacré-Coeur

La pénitence finale et les derniers sacrements

Observons d’abord combien diffèrent d’objet la grâce de la pénitence finale et celle des derniers sacrements. La première concerne un bien absolu, indispensable; la seconde un bien relatif, d’ordinaire fort à souhaiter, mais qu’une grâce meilleure peut toujours compenser. La réception effective des sacrements n’est pas un gage infaillible de salut ; la confession suppose une certaine présence d’esprit et possession de soi-même qui devient parfois une source d’inquiétudes. Bref, il est peu probable que la réception des derniers sacrements fasse l’objet d’une promesse aussi absolue que la mort dans l’amitié de Dieu.

Ne pas mourir dans la disgrâce de Dieu

Interrogeons maintenant le contexte. Etudions la manière dont procède la Sainte. La pro­messe a pour objet direct la grâce de la pénitence finale. « Je te promets, dans l’excessive miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront neuf premiers vendredis du mois, tout de suite, La grâce finale de la pénitence. » Voilà, en définitive, une première expression ou formule de la promesse. Elle est complète, mais très concise. La seconde ne sera-t-elle pas, tout naturellement, explicative ? « Ils ne mourront point en sa disgrâce, ni sans recevoir leurs sacrements. » Ces mots ne détaillent-ils pas plus explicitement le contenu de la proposition précédente ? A l'heure de la mort, on peut se trouver en état de grâce ou avoir besoin d'y rentrer. Nul n'y rentre sans le vœu du sacrement de Pénitence; et la réception effective, soit de ce sacrement, soit de l'Extrême-Onction, soit même de l’Eucharistie, peut pour beaucoup revêtir le caractère d’une nécessité.

Voilà donc tout ce que, d’après nous, Notre-Seigneur entend dire : « Ils ne mourront point en ma disgrâce, et recevront à cet effet les sacrements voulus ».

Ni sans recevoir leurs sacrements

Et qu'on n’objecte point la particule ni, qui paraît annoncer une faveur distincte de la précédente. Même dans les textes de droit, il arrive parfois qu’il faille prendre aut (ou bien) pour et (et), et réciproquement. Il n'y a pas lieu de se montrer ici plus difficile. Nous suppléerons donc sans peine un par conséquent, et nous comprendrons ainsi la phrase : « Ils ne mourront point en ma disgrâce, ni, par conséquent, sans recevoir leurs sacrements. » La mort soudaine des zélateurs du Cœur de Jésus n'a plus rien alors qui nous surprenne. Et, d’autre part, les attentions providentielles qui ménagent souvent â ces personnes une occasion inespérée de recevoir les sacrements démontrent plutôt que Notre-Seigneur donne plus qu’il n’a promis, qu’il se plaît d’ordinaire à assurer les sacrements, même quand ils sont simplement utiles. C'est une consolation non seulement pour le mourant mais aussi pour l'entourage.

Croix du Sacré-Coeur

Le Coeur de Jésus, un refuge assuré

Les derniers mots enfin, « mon divin Cœur se rendant leur asile assuré en ce dernier moment, » en rappelant toute l’attention sur le salut éternel, nous semblent montrer encore que, dans la pensée de sainte Marguerite-Marie, la mention des sacrements n’est qu’accessoire, et qu’il s’agit surtout, sinon exclusivement, de donner aux privilégiés de la Grande Promesse l’assurance morale de leur salut éternel.

La grâce de la pénitence finale et celle de la persévérance finale

Ces deux grâces sont bien distinctes. La pénitence finale sous-entend une âme pécheresse qui dans les derniers moments de sa vie, se convertit, reçoit les derniers sacrements, retrouve l'état de grâce et est sauvée pour toute l'éternité. Par contre la grâce de la persévérance finale suppose que l'âme vie habituellement en amitié avec Dieu et, qu'au moment de la mort, Dieu lui accorde de demeurer dans cet état de grâce et ainsi d'aller au Ciel. Rappelons que la grâce de la persévérance finale ne peut jamais se mériter, mais elle est un don de Dieu. Par conséquent, quand Jésus promet la grâce de la pénitence finale, il a principalement en vue les pécheurs qui, proches de la mort, sont encore en état de péché mortel. Cette grâce est une grâce de conversion assez puissante de telle façon que le pécheur a la contrition suffisante de ses péchés au point de retrouver l'état de grâce avec le secours des sacrements si besoin est.

Icône du Sacré-Coeur de Jésus

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